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Vous parle de l'exposition évènement Hopper au Grand Palais
Didier Ottinger, directeur-adjoint du Musée national d'Art moderne et commissaire de l'exposition, n'en revient pas. «C'est beaucoup, beaucoup plus que prévu», s'est-il exclamé lundi. Plébiscitée par plus de 784.000 visiteurs, la rétrospective de l'Américain Edward Hopper devient la deuxième exposition la plus fréquentée du Grand Palais depuis plus de quarante ans, après «Monet» en 2011 qui avait attiré 913.064 visiteurs et devant «Picasso et les maîtres» en 2009, qui avait reçu 783.352 visiteurs.
Tout savoir sur Edward Hopper (sans avoir vu l'expo)
« Le bouche-à-oreille a formidablement fonctionné. Même aux Etats-Unis, Hopper n'a jamais fait autant », s'est réjoui Dider Ottinger.
Du 10 octobre au 3 février, l'exposition a réuni 164 oeuvres dont 128 d'Edward Hopper (1882-1967). Prolongée de six jours en raison de son succès, l'exposition a culminé avec une ouverture en continu de 62 heures qui s'est terminée dimanche soir. Pendant ces trois jours et deux nuits, 47.949 visiteurs dont 14.262 noctambules se sont pressés au Grand Palais.
« Une passion française pour l'Amérique »

Le succès d'Hopper « traduit une passion française pour l'Amérique, sa culture, ses images », considère M. Ottinger. « Une Amérique qui ne se résume pas au consumérisme, une Amérique plus pensive, plus subtile plus humaine ». « Il prouve aussi l'intérêt pour le réalisme américain dont les Français ont été singulièrement sevrés. Pendant longtemps, on a présenté surtout l'art moderne américain de l'après-guerre », ajoute le commissaire. « On a occulté les peintres américains du début du XXè siècle. Hopper n'est que le brise-glace de cette tradition réaliste ».
La fréquentation élevée témoigne également de l'engouement des Français pour les grandes expositions. « C'est une spécificité française. Les musées et les expositions ont une place centrale dans leur idée de la culture, avec les livres et le cinéma », explique à l'AFP Fabrice Bousteau, le directeur de la rédaction de Beaux-Arts Magazine.
Pour Nathalie Heinich, sociologue au CNRS, «cela traduit la hausse du niveau d'études des Français. Mais aussi l'intensification de l'offre grâce à l'augmentation des moyens des établissements culturels depuis trente ans». «C'est le fruit d'une politique culturelle».